Avant propos

(ajout du 22/11/2015)

 

Comment ai-je repris la peinture après 14 années d'interruption ?

 

Je dois rectifier un oubli de taille avant de me lancer dans une tentative de présentation.

 

En effet, sans Cléo et Mado, je n'aurais peut-être jamais retouché un pinceau suite à ma décision d'arrêter définitivement la peinture en 2000.

 

Je m'en vais vous conter l'histoire !

 

Comme chaque année, à quelques semaines de Noël, les petits enfants se lancent frénétiquement dans l'élaboration de la plus importante rédaction qui soit : la liste des cadeaux à l'intention du Père Noël ! L'exercice se traduit pour les plus futés par un vaste découpage des catalogues et par un collage démentiel de toutes les images qui pourraient engendrer un terril de jouets le matin fatidique.

 

Novembre 2013 : Madeleine a 5 ans. Cléo, sa jumelle, a 5 ans aussi. Étonnant, non ? Madeleine réfléchit à sa liste de cadeaux et déclare soudain : "moi, je voudrais un tableau !".

 

Pensant qu'il s'agit d'un tableau d'école, les parents se réjouissent déjà devant cette appétence scolaire prometteuse d'études de haut vol ! Que nenni ! "Non, je veux un vrai tableau pour décorer ma chambre !". Diantre, du tableau à craies à "Impression soleil levant", le grand écart financier paraît délicat à franchir.

 

De coup de téléphone en coup de téléphone, radio tam-tam fait son œuvre, l'information fait le tour de la famille et finit par atterrir sur mes chaussures  : "Mado veut un tableau ! Si, si, un vrai tableau !". 

 

Mon statut d'ancien peintre semble plus ou moins me désigner comme exécuteur des basses œuvres. J'ai la lâcheté ou la prétention de répondre au défi. De surcroît, il est peu envisageable de faire une toile pour Madeleine en oubliant Cléo, sa sœur jumelle.

 

Le Père Noël n'assurant pas l'approvisionnement en cadeaux pour adultes, il aurait confié à Papy la charge de réaliser les "vrais" tableaux. Me voila parti en quête de deux toiles carrées, de 3 brosses et de cinq tubes d'acrylique (les 3 couleurs primaires, le blanc et le noir). En effet, il était impensable de me lancer avec des huiles, vu le délai imparti ! Le chevalet dépoussiéré, la première toile installée, il fallait trouver des thèmes compatibles avec les préoccupations des donzelles de 5 ans.

 

Pour Mado, future "fermière-poétesse", c'était facile. Il me suffisait de la représenter derrière un troupeau de vaches, ce qui justifiait de surcroît la présence des deux chiens de la maison, invités incontournables de la scène. Après réflexion et en lien avec les qualités acrobatiques de Cléo, j'allais la propulser sur la piste d'un cirque, les chiens pouvant également s'immiscer dans le panorama.

 

J'avoue avoir eu un mal fou à me lancer. Quand le pianiste n'a pas tutoyé le clavier depuis 15 ans, les notes ont tendance à s'entrechoquer. Mais, petit à petit, jour après jour, la main commençait à danser, le doigt osait à nouveau toucher la peinture, bref, la vie reprenait. Le fait de passer d'une toile à l'autre, par intermittence, me confrontait à une situation porteuse de souvenirs.

 

Les deux toiles furent prêtes et encadrées pour Noël. Elles sont depuis exposées dans les chambres des sœurs  jumelles que je remercie de m'avoir extirpé de ma léthargie picturale.

 

A dire vrai, sans ces deux donzelles, aurais-je un jour remis mes pieds devant le chevalet ?  

 

Les photos ne sont pas terribles, mais voici les 2 "tableaux" :

 

 

DES ANNÉES 90 à 2014

Rares sont les personnes qui m'ont vu peindre. La peinture se prête difficilement aux exhibitions et le peintre a besoin d'une concentration extrême. Pourtant, les quelques proches qui ont pu se glisser dans l'atelier ont toujours été sidérés : "comment fais-tu pour peindre dans le noir ?"

C'est une bien vieille histoire. 

Au début des années 90, j'ai inconsciemment amplifié ma pratique de la peinture. Ce qui n'avait été jusque là qu'une activité ludique devenait une nécessité quotidienne. Pendant une dizaine d'années, j'ai peint 6 heures par jour, tous les jours. Le seul problème : j'avais un métier, un vrai métier exigeant et chronophage que j'entendais exercer avec une conscience professionnelle irréprochable. 

Dès lors, je ne pouvais peindre que la nuit et je ne pouvais continuer à squatter la pièce à vivre. 

Avec l'aide experte de mon ami Guy, j'entrepris de construire un petit atelier de 20 m2 au fond du verger. 





L'atelier de Vendée (Années 90)

Chaque nuit, de 21 h à 3 h du matin, j'ai donc peint à la lueur d'une petite lampe de 40 watts. L'ambiance était plutôt "cabine de bateau". Parlant de l'édifice, je le qualifiais souvent de "rafiot insubterrible qui ne verrait jamais la mer". Pourtant, la mer était partout, sur les toiles, dans ma tête et dans mes projets. A la lumière de ma petite "loupiote", j'étais contraint de forcer les valeurs, d'intensifier les couleurs. Comme j'étais au bout de la ligne électrique au fin fond du marais vendéen, les pannes de courant étaient légion, surtout les soirs de tempête. Il m'est donc arrivé de peindre à la lueur d'une bougie. 

J'ai quelquefois peint en extérieur à la lumière du jour. Les résultats m'ont toujours déçu. Les couleurs étaient fadasses, les contrastes timides : je n'étais pas dans mon élément artificiel !

Au début des années 2000, alors que les expositions se succédaient "non stop" et que des opportunités gratifiantes se profilaient, j'ai dû faire un choix : la peinture ou mon métier. J'ai lâchement choisi mon métier qui me confrontait par ailleurs à une promotion loin du marais vendéen.

Du jour au lendemain, j'ai totalement cessé de peindre. Mes proches me disaient : "tu pourras toujours peindre le week-end ou pendant les vacances, pour te faire plaisir !". Au fond de moi, je savais que cet ersatz était illusoire. C'était tout ou rien : repeindre à fond ou plus jamais. 

En avril 2014, j'ai repris subitement la peinture.  J'ai investi une petite pièce au sous-sol de la maison et j'ai réinstallé ma petite lampe sur le chevalet. Je ne peins plus la nuit, puisque la retraite m'a libéré du temps. Mais, chaque matin, lorsque j'arrive dans mon "estanco", je me garde bien d'ouvrir les volets pour éviter que les rayons du vrai soleil ne viennent troubler la lumière que j'aime imaginer. 

Voila pourquoi je peins toujours dans le noir. Voila pourquoi sans doute on m'a qualifié de "braconnier de la lumière", moi qui me cache dans le noir pour mieux capturer les couleurs...







L'atelier de MAYENNE (2014)


MES MAÎTRES : Marc SCHMIDT - Jean CHEVOLLEAU

 

J'ai donc repris la peinture en avril 2014 après une interruption de 14 ans. En 10 mois, une trentaine de toiles ont vu le jour. 

Le premier constat : je peins de façon beaucoup plus réaliste. Mes proches me le confirment sans que je ne perçoive chez eux de véritables regrets.



AVANT :


Jean Philippe PEYNET

L'Herbaudière

HST

1995

 

 

 

MAINTENANT :

 

Jean Philippe PEYNET

PORT MANEC'H

Les deux voiliers

Acrylique sur toile

2015

Alors, pourquoi cette évolution ?

Pour comprendre, il faut remonter très loin en arrière.

J'ai commencé à dessiner avant de savoir marcher. Il paraît qu'à 2 ans, je savais donner une forme à une 2CV Citroën ou à un chien. J'ai toujours dessiné... Au lycée, j'étais sollicité pour caricaturer les profs. Mais, je n'ai vraiment commencé à peindre qu'à l'âge de 16 ans, lors d'un séjour en Espagne. A l'époque, j'étais fervent d'expressionnisme et je peignais à l'huile des visages imaginaires sur du papier Arches . Ces portraits ont été exposés durant l'année 1968 à Cluny en Saône et Loire. Par négligence et par manque de moyen de locomotion, je n'ai jamais récupéré mes œuvres, ce que je regrette amèrement aujourd'hui.

 

Autodidacte, je me suis essayé à la gouache, puis à l'aquarelle. Cette dernière technique devenait d'ailleurs mon mode d'expression favori. Je devais avoir 28 ans lorsque je fis la connaissance de Marc SCHMIDT. Ce dernier entamait à 45 ans une carrière de professeur d'arts plastiques au Collège du Vallon à Autun (Saône et Loire). Son parcours avait été des plus brillants : après des études aux Beaux Arts de Paris, Marc était devenu responsable de la décoration des édifices français à Berlin, puis chef décorateur à l'ORTF et au cinéma avant de devenir créateur dans une célèbre entreprise de parapluies. 

Marc SCHMIDT connaissait toutes les techniques : dessin, peinture, aquarelle, décoration, sculpture, maquettisme, marqueterie, reliure, gravure... Une solide amitié se noua rapidement entre nous. J'ai beaucoup appris de Marc, en particulier la précision, la rigueur, la patience... J'étais impressionné par son aplomb, crayon en main, par cette faculté à ne tracer que des traits justes, pertinents, fidèles. Grâce à lui, j'ai perfectionné mon approche de l'aquarelle en peignant des miniatures. Pendant des années, j'ai ainsi débité des kilomètres de champs de tournesols sur des bandes de papier de 3 cm de hauteur. Le hasard  a voulu qu'au gré des affectations nous nous retrouvions dans les mêmes villes : La Clayette, Mâcon et Saint Jean de Monts. Mon prof ne me lâchait pas d'une semelle et me distillait de précieux conseils.




Marc SCHMIDT

Le Passage du Gois

Dessin au crayon

1995


Un jour, par hasard, j'ai découvert la peinture de Jean CHEVOLLEAU. Je compris immédiatement ce qui pouvait découler d'un mariage entre la technique et la poésie. J'avais sous les yeux ce que j'aurais tellement voulu réaliser. Hélas, sans m'en rendre compte, la quête de la technique à tout prix me privait de toute démarche émotionnelle et ma peinture n'exprimait rien... Je m'évertuais à comprendre la démarche de Jean CHEVOLLEAU, mais aussi de MOULY, de Jean CORNU, tous adeptes du Groupe de Puteaux. Le sachant grand académiste, je craignais que Marc SCHMIDT ne s'emporte devant une peinture aussi affranchie. Au contraire, il m'encouragea à m'essayer dans cette veine qu'il jugeait enthousiasmante et inspirée. 







Jean CHEVOLLEAU

Noirmoutier (HST)


Arrivé en Vendée, j'ai eu la chance de rencontrer Jean CHEVOLLEAU. Nous avions, outre la peinture, des centres d'intérêt communs : la pêche, la chasse, les chiens, la gastronomie... Je n'oublierai jamais ce repas chez Jean autour d'un robuste poulet de Bresse. Soudain, Jean me demande : "Au fait, quel est ton blanc préféré ?". Il parle de vin, naturellement. Sans vraiment réfléchir, je lui réponds :  - "Je vais peut-être te décevoir, ce n'est pas un Bourgogne, c'est un vin du Midi assez peu connu : le Domaine d'Ott ". 

Jean ne fait qu'un bond :  - " C'est incroyable, j'adore le Domaine d'Ott. Nous ne descendons jamais dans le Var sans en rapporter une caisse. Et ton rouge préféré ?". 

- " C'est un Bordeaux, mais sans doute le Bordeaux qui rappelle le plus les Bourgogne, car il a de fortes saveurs de fruits. C'est le Chateau Haut-Marbuzet".

 Jean devient blême :  - "Non, ce n'est pas possible ! Regarde ce que j'ai prévu sur le poulet !". Il fonce à la cuisine et revient avec une bouteille de Haut-Marbuzet en répétant : - " Incroyable, incroyable, c'est aussi mon rouge préféré ".





Jean CHEVOLLEAU

Nu (HST)


J'ai croisé Jean à la fin de sa vie. Hélas, trop brièvement. Mais en quelques heures, il m'a fait gagner 10 ans dans mon approche de la peinture.

Il me montrait notamment comment simplifier :  - " Calme ta peinture" ou " C'est plus facile d'en ajouter que d'en enlever ".

Il me montrait comment simuler une zone colorée sur la toile avec quelques bouts de papier journal déchirés à la main, comment prendre un croquis "au creux" de la main en moins de 2 minutes, comment mieux évaluer les équilibres en regardant la toile à l'envers ...

Je provoquai la rencontre entre Jean et Marc : je compris alors quelle pouvait être la complicité entre deux anciens des Beaux Arts de Paris. Un festival de souvenirs et, comme toujours chez Marc, un massif montagneux de choucroute...

 

Hélas, quelques mois plus tard, Jean nous quittait. 

Plus récemment, Marc est parti, lui aussi. L'éloignement géographique, mes obligations professionnelles avaient émoussé notre complicité. J'avouerai aussi qu'au fil du temps, Marc tenait un discours de plus en plus désabusé et sans indulgence sur l'évolution de la société. En tant qu'humaniste tolérant, j'avais du mal à entendre certaines phrases, même si je savais qu'au fond de lui-même Marc n'était que gentillesse et sensibilité. 

Alors, voila, je peins tout seul aujourd'hui. Je pense souvent à mes maîtres, mais davantage aux hommes qu'à leurs créations. Il fallait sans doute que je digère ces influences fondatrices pour me retrouver simplement avec ce que je sais et avec ce que je suis. 

Peindre de façon plus réaliste requiert en apparence un peu plus de technique, mais en cherchant bien, chacune de mes toiles actuelles cache quelques zones d'abstraction. 

Serait-ce un compromis ?



AVANT :


Jean Philippe PEYNET

LE PORT DE LA MEULE

HST

1997



MAINTENANT :

 

Jean Philippe PEYNET

LE GUILVINEC

La cale sèche

HST

2014


Mais j'ai aussi une autre piste. Lorsque je peignais la Vendée, j'habitais en Vendée. J'avais la Vendée sous les yeux tous les jours et toutes les nuits. Abstraire était devenu l'expression d'une familiarité

Aujourd'hui, je peins la Bretagne en la découvrant. J'ai cette distance qui implique une forme d'humilité et de respect. Je suis confronté à ces paysages d'une puissance invraisemblable, à cette terre imprégnée d'une culture si singulière.

 Alors, c'est peut-être un véritable devoir de modestie qui me conduit à peindre comme je peins depuis 2014.

 

QUELQUES EXPOSITIONS MARQUANTES

 

du 1er au 31 août 1995 : Festival « LES ARTS DE LA MER » exposition collective sur le thème « Mers et Ciels de NOIRMOUTIER » à la Salle d'exposition de l'ÉPINE – ILE de NOIRMOUTIER (Vendée).  

                                                                                                                    

du 12 au 17 avril 1996 : exposition personnelle « Entre marées et marais » à la Salle de la Gare à SAINT GILLES CROIX DE VIE (Vendée).      

                                                                                          

du 6 juillet au 24 aôut 1996 : exposition personnelle « Contre vents et marais » à l'espace exposition du Crédit Agricole de SAINT JEAN DE MONTS (Vendée).      

                                                                   

du 24 juin au 12 juillet 1997 : exposition « Lux » avec Jo LANDRY et Marcel VRIGNAUD à la Salle d'exposition de la Médiathèque de CHALLANS (Vendée).  

                                                                    

du 21 juillet au 15 septembre 1997 : Salon d'été « REGARDS » avec Jules ZINGG, Robert LOTIRON, Joël DABIN, Michel JOUENNE, Bernard TESSIER, Claude VENARD, Georges BRADBERRY, Emile OTHON FRIESZ, Jean RIGAUD, Claude QUIESSE, Gaston SEBIRE, … à la Salle Marcel-Beaudouin de SAINT GILLES CROIX DE VIE (Vendée).    

                                              

du 2 au 29 août 1997 : exposition personnelle au Casino de LA ROCHELLE (Charente Maritime).  

             

du 14 août au 15 septembre 1998 : exposition personnelle au Crédit Mutuel Océan à SAINT JEAN DE MONTS (Vendée).    

                                                                                                                               

du 17 décembre 1998 au 5 janvier 1999 : avec Jo LANDRY à la Salle Marcel-Beaudouin de SAINT GILLES CROIX DE VIE (Vendée).      

                                                                                                                  

du 27 mars au 29 août 1999 : ESTIVALE ARTISTIQUE « TALENTS » avec Michèle LUZORO, Gabriel MILESI, NEILL, J. PLANCHON, Thiphaine SCALI à la Galerie de la Maison des Atrs de LAMARCHE SUR SAÔNE (Côte d'Or).          

                                                                                                               

du 1er juillet au 31 août 1999 : avec Brigitte CHEHADE à la Galerie « Le Logis » à SALLERTAINE (Vendée).                                                                                                                                               

du 12 février au 26 mars 2000 : exposition « PEYNET TRAITS D'UNION » avec Frédéric PEYNET et les œuvres originales de Raymond PEYNET au Palais des Congrès de SAINT JEAN DE MONTS (Vendée).                                                                                                                             

du 1er au 31 août 2000 : avec Marc SCHMIDT à l'Office du Tourisme de BRÉTIGNOLLES SUR MER (Vendée).

 

 

De 2000 à 2014 : interruption totale de la peinture.

 


 

2015 : 27ème Salon international de peinture et de sculpture de GORRON (Mayenne)

 


 

2015 : exposition personnelle chez COOLEURS à LAVAL (Mayenne)

 


 

2015 : 56ème Exposition régionale d'ERNÉE (Mayenne)

 


 

2015 : Exposition GALERIE RICHELIEU à LAVAL (Mayenne).

 


 

2016 : Salon de Peinture et Sculpture de SUCÉ SUR ERDRE (Loire Atlantique)

 


 

2016 : Salon Art Expo à ARGENTAN (Orne)

 


 

2016 : Marché d'art de LA PERRIERE (Orne)

 


 

2017 : Exposition personnelle à l'Atrium de l'Hôtel de Ville de VALLET (Loire Atlantique)

 

 

2017 : Salon de Peinture et Sculpture de SUCÉ sur ERDRE (Loire Atlantique) - 2ème PRIX du PUBLIC

 


 

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