Dans cette rubrique, un BLOG est régulièrement tenu à jour, essentiellement pour évoquer des aspects techniques ou théoriques de la peinture, mais aussi pour relayer les actualités de peintres amis. Cet espace se veut interactif de façon à partager avec vous des expériences ou des avis sur le monde de la peinture. N'hésitez pas à réagir aux différents articles proposés.
On me demande souvent "d'après quoi je travaille ". Ci-dessus à gauche, voila mon matériel de prise de notes : un carnet de feuilles de papier Arches, une mire quadrillée, un passe-partout avec des repères de marge à l'échelle de la mire, 4 pinces et un stylo japonais.
Je vois deux avantages à ce système :
1) On peint toujours mieux quand on a déjà dessiné le sujet (sur la toile, on saura plus facilement se contenter d'un tracé minimaliste afin que la peinture soit davantage impliquée dans le dessin).
2) La monochromie favorise le travail sur les valeurs et les contrastes. La vision d'ensemble sera alors beaucoup plus pertinente.
Le croquis ci-dessus fait partie de ceux qui m'ont permis de réaliser la série sur l'Elorn. Ce thème est d'ailleurs loin d'être épuisé.
Il m'arrive parfois de compléter la prise de note par une photo, afin d'avoir une référence en matière de couleurs, notamment lorsque ces dernières sont nombreuses et complexes.
Texte de Roseline AL OUMAMI
Dans l’absolu, quel est ton tableau préféré ?
Voilà une question bien complexe! Tant de tableaux que je peux contempler!
"Coucher de soleil sur le Lac" ("Sun setting over a lake") de William Turner vers 1840
Huile sur toile, 91 x 122,5 cm
Pourquoi?
Trente ans que je contemple ce tableau. J'aimerais un jour le voir "en vrai"!
William Turner était surnommé "Le peintre de la Lumière"
Dans cette œuvre, je retrouve les mystères de la lumière, de la couleur et des effets de l'atmosphère.
Il y a une telle puissance dans sa peinture au point de me perturber ...
J'ai bien essayé de reproduire cette œuvre, j'ai même laissé des traces de peinture sur le livre que j'avais acheté à l'époque mais en vain. Je crois que c'est impossible!
Dans "Coucher de soleil sur le Lac", tout est en finesse et en même temps je ressens de la puissance. Le soleil, le lac, la nature, la lumière, je vois! Mais je vois aussi les nuances de couleurs et de structures ainsi que les légères différences entre les traces prononcées ou fugitives. Pour moi, c'est la perfection.
Je ne sais pas si je me suis inspirée de William Turner, peut-être au début, mais maintenant je pense comme je peins, c'est à dire ma vie, ma vision du monde...
Un vaste monde...
Texte de Christian MANICOURT
Dans l’absolu, quel est ton tableau préféré ?
Rue de Paris, temps de pluie. Gustave Caillebotte (1877).
Le sujet est vaste pour une interrogation aussi précise. On peut y adjoindre quelques questions subsidiaires, histoire de gagner du temps et de faire un premier tri mental me permettant de me
remémorer les œuvres qui ont imprégné un jour ma rétine et déclenché chez moi une irrépressible envie d’empoigner des pinceaux.Théodore Géricault et son « officier de chasseurs à cheval de la
garde impériale chargeant » et Antoine-Jean Gros et son « Bonaparte au pont d’Arcole » furent mes deux premiers chocs picturaux. Je me suis longtemps écarquillé les yeux pour comprendre comment
ces deux maîtres avaient fait pour rendre ces scènes aussi réalistes mais surtout pour leur donner cette intensité dramatique. Et puis, passé l’âge des culottes courtes et des reconstitutions
historiques entre les quatre murs de ma chambre, j’ai cédé au charme des merveilles issues des mains de Johannes Vermeer. Peut-être parce que né moi-même dans les brumes du nord de la France, je
ne pouvais rester insensible aux oeuvres de ce citoyen de Delft. Après les grandes envolées romantiques de mes débuts, les univers plus intimistes de l’auteur de la « jeune fille à la perle » ont
contribué à enrichir mon approche de l’art pictural, de comprendre les ombres, la lumière, la perspective. De La Tour, Rembrandt, Vélasquez et Le Caravage m’ont fait me pencher sur le mystérieux
secret du clair-obscur, parsemant mon apprentissage de petites fenêtres que je n’ai pas réussi à toutes entrouvrir.
Mais assez de digressions, quel est ton tableau préféré me demande Jean Philippe Peynet avec une amicale insistance ? Alors, poussé dans les cordes de ce violon d’Ingres, je suis bien obligé de
choisir le peintre mais aussi l’œuvre que je place tout en haut de ma sélection personnelle. « Rue de Paris, temps de pluie » de Gustave Caillebotte. Tout ou presque m’inspire chez ce peintre du
XIXe siècle. Sa technique, sa vision du monde moderne qui s’éveillait, mais aussi sa modestie naturelle, sa générosité, son altruisme. Si j’ai longtemps été tenté de nominer « les raboteurs de
parquet », c’est pourtant cette rue taillée par les travaux du baron Haussmann qui a finalement recueilli mon vote ultime. Ce mélange de classicisme et de modernité, de réalisme et de mystère me
touche au plus haut point et constitue pour moi un sommet émotionnel. Le vision de cette oeuvre s’adresse évidemment aux yeux, mais elle a de multiples pouvoirs. On entend les gouttes tomber sur
les parapluies des promeneurs et couvrir le bruit de la calèche qui sort côté jardin de ce théâtre à ciel ouvert, on sent presque l’odeur de grès mouillé qui s’échappe de ces pavés luisants et on
se surprend à tendre l’oreille pour saisir ce que les deux personnages qui s’apprêtent à sortir du cadre sont en train de se dire, côté cour. En fait il s’agit presque d’un arrêt sur image d’un
film. Un mouvement provisoirement suspendu. Je ne suis pas près d’arrêter mon cinéma. Merci Monsieur Caillebotte...
Texte de Jean Philippe PEYNET
"Dans l'absolu, quel est ton tableau préféré ?".
Plus de cent fois j'ai dû répondre à cette question. Ma réponse est invariable depuis environ cinquante ans : "IMPRESSION SOLEIL LEVANT de Claude MONET".
Bon, OK, ce n'est pas très original, j'en conviens, mais cette toile m'a toujours fasciné et me fascine encore. J'ai passé des heures à la dévorer, à la contempler, à l'analyser, à la décortiquer ... Elle est inépuisable, elle se régénère à l'infini, elle défie le périmètre de la vision pour s'envoler dans la stratosphère des rêves. Je ne pense pas qu'on puisse mentalement se l'approprier tant elle s'inscrit dans l'impalpable et l'immatériel. Oui, je dois sans honte l'avouer : il m'est arrivé de fantasmer et d'imaginer avoir peint "Impression soleil levant". Je n'ose pas me figurer l'instant où ma main poserait la touche finale sur un monument pareil, l'instant où je ferais trois pas en arrière pour me dire "bon, là j'arrête !", l'instant où les larmes se mettraient à brûler mes joues quand je réaliserais la naissance de cette exception ...
J'ai aussi passé des mois et des mois à essayer d'oublier "Impression soleil levant". Car c'est terrible de devoir peindre soi-même avec ce couperet de lumière qui projette autant d'ombre sur votre propre toile. Combien de fois j'ai dû m'interdire la tentation de m'inspirer de cette œuvre d'exception, combien de fois j'ai dû renoncer à traiter tel ou tel sujet car il risquait de m'embarquer dans les nimbes de l'influence.
Aujourd'hui, j'arrive à peindre une aurore sans penser à la toile mythique. Heureusement, diront certains, car l'ersatz n'a pas grand sens. Parfois, je me dis que c'est peut-être dommage, je me dis que j'ai peut-être mis assez de distance pour gérer l'exercice.
Bon, voila ! J'en suis là ! "Impression soleil levant" vit à jamais dans ma tête et j'ai acquis la certitude d'une sorte d'amour "cohabitationnel" entre cette toile et le chemin qu'elle concède à ma peinture. Nous ne roulons pas sur les même routes même si nous sommes parfois conduits à nous croiser. Alors, bien sûr que je jette un œil sur la belle impassible et inaccessible.
Ainsi va la vie. Chaque jour le soleil se lève et se couche.
Enfin, j'en ai l'impression...
Alors, un beau jour de 2016, j'ai voulu me faire un petit plaisir. Certes, j'aurais bien eu la tentation de m'essayer à la copie d' "impression soleil levant", mais je trouvais la démarche un peu malsaine. Alors, je me suis contenté de m'inspirer de la toile du Maître pour m'amuser à croquer le port du Conquet non pas au levant, mais au couchant.
J'espère que les puristes ne m'en voudront pas. En tout cas, j'ai pu mesurer la complexité de la peinture impressionniste et ce voyage en 1872 m'a procuré un plaisir certain. Peut-être y retournerai-je un jour, ou plutôt un soir ou un beau matin.
LE SYNDROME DE LA TOILE BLANCHE
Je supporte de moins en moins la confrontation avec la toile blanche. Je mesure immanquablement le long chemin qui me sépare de l'instant où je poserai ma signature en bas du tableau.
Ce matin, j'avais l'impression de sortir d'une bataille et de devoir repartir au front. Alors, en bon soldat, afin de me donner du courage, je fredonnais dans ma tête un air connu dont je revisitais les paroles :
La toile blanche était vide
J'aurais bien peint Nathalie
Sa main m'aurait servi de guide
Nathalie
La toile blanche restait blanche
Le couchant annonçait la pluie
Et je dessinais par ce froid dimanche
Nathalie...
La guerre peut maintenant recommencer, je suis prêt à envoyer les couleurs comme un fou !
C'est de circonstance, puisque la prochaine toile évoquera Le Faou !
NICOLAS DE STAËL OU L'INDIFFÉRENCE
Promener un loup solitaire aux aurores engendre parfois un vague éveil de la vie intérieure.
Je ne sais pas pourquoi je me disais ce matin : "rien n'est pire que l'indifférence !".
Alors, j'ai mis sur "ON" l'interrupteur de la vie intérieure qui m'a répondu immédiatement : "pourquoi ?".
Du coup, je me suis dit : "Tiens, c'est vrai, pourquoi ?". D'aucun vont en conclure que ce n'est pas la sagacité qui m'étouffe ! Peu importe, laissons les dire !
STOP !
Quand je dis "laissons les dire !", ne serais-je pas moi-même dans une amorce d'indifférence ? Ne m'inscrirais-je pas dans une attitude que, quelques lignes plus haut, je qualifiais de "pire" ?
Deuxième interrupteur : "mise en route de l'aspirateur à brumes cérébrales matinales".
Troisième interrupteur : "booster de neurones".
Et là surgit la question qui tue : "L'indifférence serait-elle le contraire de l'intérêt ?".
Quatrième interrupteur : "Pause".
Cinquième interrupteur : "Ventilation - Refroidissement des tuyaux à comprenette".
Pfffffffffffffffff !!!!
C'est bon, je peux remettre en route le "booster de neurone" ! Accrochez-vous, cette fois, c'est parti pour de vrai !
Tiens, mais c'est bizarre : avec la notion d'intérêt tout s'éclaire soudain. Et je réalise que "porter intérêt à un être" ne relève pas forcément de la même logique que "porter intérêt à un domaine matériel". Encore que pour porter réellement intérêt au second, d'aucun feignent de porter intérêt au premier.
D'où l'indifférence pourrait se résumer à l'absence d'intérêt. Mais ça serait trop simple. En effet, on peut être totalement indifférent à une personne tout en portant un grand intérêt à ses biens matériels. Donc, bien qu'on nourrisse une évidente indifférence à son endroit, il est possible qu'on porte grand intérêt à son envers.
Comme quoi l'indifférence peut être partielle, voire sélective.
Mais quel rapport avec la peinture ?
Pour tout dire, je garde un souvenir cuisant de certaines expositions organisées dans des lieux dont la destination première n'était pas de présenter la chose artistique. Je me rappelle ces longues heures de permanence à voir défiler des gens qui, tout en passant à 2 mètres des toiles, ne se rendaient même pas compte qu'ils traversaient une exposition. Quelle frustration ! Quelle tristesse ! Quelle indifférence !
C'est pourquoi, à l'être qui passe sans jeter un œil, j'ai toujours préféré celui qui me disait franchement : "je n'aime pas ce que vous faites !", "c'est moche !", "franchement, je ne mettrais pas ça sur mes murs! " etc... Bon, j'admets que si je n'avais entendu que ça, il est probable que la peinture serait passée aux oubliettes.
Mais il m'est arrivé, moi aussi, de dire : "je ne mords, pas, c'est pas mon truc !", voire même : "c'est de la fumisterie, de qui se moque-t-on ?".
Par exemple, dans les années 60, quand j'ai découvert Nicolas de STAËL, j'ai poussé des hauts cris devant une "barbouille" que je jugeais "scandaleuse". J'imaginais n'importe qui capable de "bouser" une toile à la truelle et de faire du de STAËL.
Mais le fait de rejeter avait toutefois suscité mon intérêt, négativement, certes, mais je ne m'étais pas inscrit dans l'indifférence.
C'est pourquoi j'ai vu et revu les toiles de Nicolas de STAËL. Petit à petit, mon œil a accepté de regarder, puis s'est laissé apprivoiser au point que quelques années plus tard, de STAËL est devenu mon peintre préféré.
Grâce à lui, j'ai compris quelles subtilités techniques sont à même de laisser croire à une apparente simplicité.
Grâce à lui, j'ai appris qu'il ne fallait jamais s'inquiéter des jugements hâtifs et négatifs, bien au contraire.
J'ai aussi appris que le regard peut considérablement évoluer selon que l'on découvre une œuvre seule ou en présence de son créateur.
C'est pourquoi il ne faut jamais juger une image sans penser à la personne qui l'a conçue.
Je serais même tenté de dire qu'il ne faut jamais juger.
Ça pourrait être une conclusion honnête.
Bon, on va éteindre tous les interrupteurs.
La balade se termine : "alors, le chien, t'en penses quoi, de tout ça ? Tu t'en fiches pas mal !".
Pourtant si quelqu'un me voue totalement l'inverse de l'indifférence, c'est bien le chien !
Aussi, je me garderai bien de le juger !
LA NAISSANCE DU CIEL
Jeter sur la toile les premiers voiles transparents d'un ciel en devenir m'a toujours évoqué l'image d'une naissance. Si le va-et-vient de la brosse ne laisse qu'une fine pellicule de matière, c'est qu'il convient de suggérer délicatement les nuances principales. Une fois l'espace entièrement balayé, je m'éloigne un peu et je ne peux m'empêcher de penser à ces jeunes mammifères qui, à peine nés, s'escriment à vouloir se relever. Le sens de l'équilibre et la force leur font défaut, pourtant ils s'obstinent à vouloir camper sur leurs grandes pattes incapables de les supporter.
Le premier jet d'un ciel relève un peu de la même vision. Tout semble mièvre, pour ne pas dire ridicule. Je sais pourtant qu'il faut passer par ce stade ingrat. Je sais qu'il faut s'arrêter avant d'avoir trop opacifié le fond. Mais pourquoi ce stade reste-t-il toujours aussi frustrant ? Est-ce dû à la perception du gouffre qui sépare l'ébauche du résultat final ? Est-ce en lien étroit avec une tendance à toujours vouloir aller plus vite ?
J'ai du mal à répondre. Alors, pour me faire une raison, je me remémore ce petit veau de 2 jours qui gambade comme un fou et je me dis qu'après-demain, mon ciel aura également pris son essor. Deux jours, c'est pourtant court ! Mais c'est aussi tellement long quand on mesure à quelle vitesse la lumière du couchant ne cesse de s'estomper.
La peinture est vouée à l'exposition ! Elle est donc livrée à la vue de spectateurs, mais aussi à leurs critiques. Donc, à travers ses toiles, le peintre s'expose lui aussi à des commentaires. La
plupart du temps, ces derniers sont flatteurs à défaut d'être toujours sincères. Personnellement, je suis relativement sensible à l'appréciation d'autrui et je préfère sans hésiter entendre "je
n'aime pas du tout" plutôt que voir une personne passer devant une toile dans la plus totale indifférence. Ne pas aimer un tableau, c'est d'abord avouer qu'on est touché, certes négativement,
mais touché quand même. C'est inconsciemment exprimer qu'on était dans l'attente d'une émotion positive, même si c'est l'inverse qui se produit. Combien de fois j'ai détesté certaines toiles en
les découvrant et que pourtant j'ai fini par vénérer ! La peinture a pour vocation de former l’œil, de le heurter parfois, pour qu'il finisse par agrandir son champ de tolérance. Et la tolérance
est souvent l'antichambre de l'admiration.
Mais, s'il est un compliment qui me hérisse le poil, c'est bien : "quel talent !". D'abord, parce que je suis bien persuadé de ne pas être détenteur de ce don inné auquel il me
suffirait de laisser libre cours. Mais surtout parce que mon long cheminement dans la peinture m'a conforté dans la certitude qu'il n'existe qu'une voie pour parvenir à exprimer ses visions
: le travail ! La peinture, c'est comme la musique : tout passe par l'exercice quotidien, les gammes, les gestes, la réflexion etc ... Travailler son regard me semble la base de
tout : apprendre en plissant les yeux à sentir les valeurs extrêmes d'un sujet, le blanc, le noir, les nuances de gris .... Ensuite, dessiner, dessiner, dessiner, à tout propos, à tout instant et
même souvent pour faire rire les enfants qui en redemandent : "dessine-moi un singe qui lance des noix de coco !" ou "un papy à vélo qui double une Porsche !". La main doit être soumise à une
gymnastique permanente. Peindre, c'est observer l'existant pour le traduire comme on aimerait qu'il ne meure jamais. C'est donc anticiper, travailler sur des premières touches qui seront plus
tard recouvertes au point de ne devenir que pale reflet, légère nuance, infime lueur ... S'il veut savoir où il va, l’œil ne doit jamais oublier par où il devra passer. C'est en cela que la
peinture résulte d'un vrai travail. Néanmoins, le bon travail est aussi celui qui sait se faire oublier. Lorsque tout résulte de la seule maîtrise technique, alors on peut passer à côté de
l'essentiel : la poésie, l'émotion ... Ainsi, à force de travail, on découvre des raccourcis, des gestes propres à simplifier, à alléger, à évoquer. J'affirmerais qu'on finit par travailler moins
à force d'avoir travaillé trop. Ainsi, les meilleures toiles ne sont pas forcément celles sur lesquelles le peintre a passé le plus de temps. Au contraire, elles naissent de ces moments magiques
durant lesquels la main semble danser, le temps semble se figer et l’œil semble rêver. Les heures deviennent des minutes, le pinceau devient danseuse étoile et la palette en voit de toutes les
couleurs. Ainsi, le travail peut se faire discret, car il sait que depuis tant d'années, il détient tout le pouvoir !
Un petit "crobard" est toujours nécessaire pour le cadrage de la scène et la mise en place des valeurs les plus extrêmes. Celui-ci sert de base à la toile que je réalise actuellement (retour de
pêche au Guilvinec). J'ai utilisé un stylo-pinceau à l'encre de Chine sur un papier semi-mat 180 g.
Jean Philippe PEYNET
St JEAN DE MONTS
La Plage des Demoiselles - 4
Huile sur toile
61 X 50 (12F)
2015
J'ai longuement travaillé la robe du personnage central et repris un gros tiers inférieur de la toile. A priori, je ne vais pas ajouter grand chose, simplement mettre la peinture en mode séchage
et, dans quelques jours, si la chaleur persiste, je pourrai signer.
J'espère que tout ce travail au jour le jour aura intéressé quelques personnes.
A bientôt pour d'autres rubriques !
Un après-midi complet de travail sur le personnage de gauche ! Il restera encore quelques détails à peaufiner après séchage.
Demain, j'attaque le personnage central avec sa robe en vichy. Excellent exercice de concentration, la main ne devra pas trembler.
Normalement, demain soir, le tableau devrait être relativement défriché. Il restera à travailler la plage, les algues, les petits cailloux et la frange entre terre et mer... mais ça, c'est pour
un peu plus tard !
(à suivre)
Le travail sur les personnages se poursuit aux huiles extra-fines. Là, je viens "d'attaquer" l'imprimé du personnage de gauche. J'ai longtemps hésité entre "tricher", c'est-à-dire garder le
chemisier blanc en jouant sur les ombres ou alors carrément m'attaquer à cet imprimé de dingue, comme dans la réalité ! Ça veut dire que je ne pourrai pas me dérober (le terme est de circonstance
!) pour la robe vichy du second personnage. Ça promet !
Le travail à l'acrylique est définitivement terminé. Tout le fond (ciel, mer, terre) a été retravaillé aux huiles extra-fines. Au niveau du ciel et de certaines parties de l'océan, je me suis
contenté d'un "jus" transparent pour estomper les contrastes et donner plus d'importance aux personnages. D'autres zones ont été travaillées de façon plus profonde (la plage et certaines vagues
notamment). Avec le temps très chaud, l'huile sèche beaucoup plus vite. De toute façon, demain matin, j'attaque les personnages.
(à suivre)
Derniers coups de brosses à l'acrylique ! Demain, les huiles extra-fines entrent dans la danse. Tout d'abord, quelques "jus" pour apaiser le fond et légèrement réchauffer l'éclairage, puis un travail plus en précision sur le sable. Enfin, un traitement assez "chirurgical" des personnages qui sont actuellement très grossièrement représentés, dans des couleurs volontairement outrancières , afin de pouvoir ultérieurement jouer avec des transparences.
Il reste encore de longues heures de travail avant de décréter que la toile est terminée.
EXPOSITION ESTIVALE
Georges KULIK
La mine des gueules noires
Depuis ce matin, j'ai longuement retravaillé la mer, toujours à l'acrylique, en alternant les transparences et les empâtements afin de préparer au mieux le terrain lorsque j'interviendrai avec
les huiles extra-fines. Le ciel a également été voilé par 2 caresses successives de blanc teinté (1 ce matin, 1 cet après-midi). Là, j'arrête pour quelques jours : la pelouse qui s'affole, l'expo
de Laval qui débute le 1er juin (des encadrements à finir) et aussi le besoin de laisser la toile se reposer pour que je la "digère" lentement afin de mieux l'aborder un peu plus tard
!
(à suivre)
Après un premier travail de mise en place à l'acrylique fine, le travail se poursuit avec des acryliques extra-fines beaucoup plus denses en pigments. Le but est pour le moment d'accentuer les
blancs pour bien "baliser" les crêtes de vagues et les nuages les plus clairs. Ensuite, les gris interviennent pour "reposer" des zones sur lesquelles les traits avaient été volontairement
exacerbés. On commence à palper un peu plus de profondeur grâce à ces alternances entre mouvements et fixité. Une nuit de séchage et demain, on attaque les vagues les plus proches et le sable
!
(à suivre)
La mise en place continue à l'acrylique. Les coups de brosse sont volontairement grossiers et les couleurs parfois outrancières. Les éléments représentés sont destinés à être recouverts d'une ou plusieurs couches successives et seront donc estompés.
Les personnages sont pour le moment éludés. Ils seront traités après le fond.
A ce stade, la toile est ingrate pour l’œil du spectateur. Pour le peintre, avec le temps, ces étapes initiales sont plutôt amusantes, dans la mesure où le scénario complet est en principe
connu.
Après le dessin, voici la phase des premiers lavis et glacis. J'emploie dans un premier temps de la peinture acrylique dont le temps de séchage est des seulement quelques heures. Je pourrai ainsi retravailler la toile dès demain et obtenir les premiers effets de vibrations d'ici quelques jours, lorsque la première couche sera revêtue de couches successives dont j'exploiterai la transparence. C'est donc cette optique que les premiers coups de brosse sont volontairement grossiers. On notera déjà quelques empâtements dans les blancs pour matérialiser les crêtes de vagues.
A suivre ...
Éclosion d'une nouvelle toile : St JEAN de MONTS - La Plage des Demoiselles (3ème version).
C'est le stade de l'esquisse au crayon HB et au crayon pastel blanc. Le dessin est minimaliste pour laisser les couleurs reconstituer, voire suggérer, des lignes et des traits volontairement occultés au départ.
Le tout a été enduit avec du fixatif à pastel et fusain en bombe afin d'éviter que les premiers coups de brosse ne provoquent des bavures intempestives.
Demain, la peinture peut entrer dans l'arène !
(à suivre)
La peinture est vouée à l'exposition ! Elle est donc livrée à la vue de spectateurs, mais aussi à leurs critiques. Donc, à travers ses toiles, le peintre s'expose lui aussi à des commentaires. La
plupart du temps, ces derniers sont flatteurs à défaut d'être toujours sincères. Personnellement, je suis relativement sensible à l'appréciation d'autrui et je préfère sans hésiter entendre "je
n'aime pas du tout" plutôt que voir une personne passer devant une toile dans la plus totale indifférence. Ne pas aimer un tableau, c'est d'abord avouer qu'on est touché, certes négativement,
mais touché quand même. C'est inconsciemment exprimer qu'on était dans l'attente d'une émotion positive, même si c'est l'inverse qui se produit. Combien de fois j'ai détesté certaines toiles en
les découvrant et que pourtant j'ai fini par vénérer ! La peinture a pour vocation de former l’œil, de le heurter parfois, pour qu'il finisse par agrandir son champ de tolérance. Et la tolérance
est souvent l'antichambre de l'admiration.
Mais, s'il est un compliment qui me hérisse le poil, c'est bien : "quel talent !". D'abord, parce que je suis bien persuadé de ne pas être détenteur de ce don inné auquel il me
suffirait de laisser libre cours. Mais surtout parce que mon long cheminement dans la peinture m'a conforté dans la certitude qu'il n'existe qu'une voie pour parvenir à exprimer ses visions
: le travail ! La peinture, c'est comme la musique : tout passe par l'exercice quotidien, les gammes, les gestes, la réflexion etc ... Travailler son regard me semble la base de
tout : apprendre en plissant les yeux à sentir les valeurs extrêmes d'un sujet, le blanc, le noir, les nuances de gris .... Ensuite, dessiner, dessiner, dessiner, à tout propos, à tout instant et
même souvent pour faire rire les enfants qui en redemandent : "dessine-moi un singe qui lance des noix de coco !" ou "un papy à vélo qui double une Porsche !". La main doit être soumise à une
gymnastique permanente. Peindre, c'est observer l'existant pour le traduire comme on aimerait qu'il ne meure jamais. C'est donc anticiper, travailler sur des premières touches qui seront plus
tard recouvertes au point de ne devenir que pale reflet, légère nuance, infime lueur ... S'il veut savoir où il va, l’œil ne doit jamais oublier par où il devra passer. C'est en cela que la
peinture résulte d'un vrai travail. Néanmoins, le bon travail est aussi celui qui sait se faire oublier. Lorsque tout résulte de la seule maîtrise technique, alors on peut passer à côté de
l'essentiel : la poésie, l'émotion ... Ainsi, à force de travail, on découvre des raccourcis, des gestes propres à simplifier, à alléger, à évoquer. J'affirmerais qu'on finit par travailler moins
à force d'avoir travaillé trop. Ainsi, les meilleures toiles ne sont pas forcément celles sur lesquelles le peintre a passé le plus de temps. Au contraire, elles naissent de ces moments magiques
durant lesquels la main semble danser, le temps semble se figer et l’œil semble rêver. Les heures deviennent des minutes, le pinceau devient danseuse étoile et la palette en voit de toutes les
couleurs. Ainsi, le travail peut se faire discret, car il sait que depuis tant d'années, il détient tout le pouvoir !
Un petit "crobard" est toujours nécessaire pour le cadrage de la scène et la mise en place des valeurs les plus extrêmes. Celui-ci sert de base à la toile que je réalise actuellement (retour de
pêche au Guilvinec). J'ai utilisé un stylo-pinceau à l'encre de Chine sur un papier semi-mat 180 g.
Jean Philippe PEYNET
St JEAN DE MONTS
La Plage des Demoiselles - 4
Huile sur toile
61 X 50 (12F)
2015
J'ai longuement travaillé la robe du personnage central et repris un gros tiers inférieur de la toile. A priori, je ne vais pas ajouter grand chose, simplement mettre la peinture en mode séchage
et, dans quelques jours, si la chaleur persiste, je pourrai signer.
J'espère que tout ce travail au jour le jour aura intéressé quelques personnes.
A bientôt pour d'autres rubriques !
Un après-midi complet de travail sur le personnage de gauche ! Il restera encore quelques détails à peaufiner après séchage.
Demain, j'attaque le personnage central avec sa robe en vichy. Excellent exercice de concentration, la main ne devra pas trembler.
Normalement, demain soir, le tableau devrait être relativement défriché. Il restera à travailler la plage, les algues, les petits cailloux et la frange entre terre et mer... mais ça, c'est pour
un peu plus tard !
(à suivre)
Le travail sur les personnages se poursuit aux huiles extra-fines. Là, je viens "d'attaquer" l'imprimé du personnage de gauche. J'ai longtemps hésité entre "tricher", c'est-à-dire garder le
chemisier blanc en jouant sur les ombres ou alors carrément m'attaquer à cet imprimé de dingue, comme dans la réalité ! Ça veut dire que je ne pourrai pas me dérober (le terme est de circonstance
!) pour la robe vichy du second personnage. Ça promet !
Le travail à l'acrylique est définitivement terminé. Tout le fond (ciel, mer, terre) a été retravaillé aux huiles extra-fines. Au niveau du ciel et de certaines parties de l'océan, je me suis
contenté d'un "jus" transparent pour estomper les contrastes et donner plus d'importance aux personnages. D'autres zones ont été travaillées de façon plus profonde (la plage et certaines vagues
notamment). Avec le temps très chaud, l'huile sèche beaucoup plus vite. De toute façon, demain matin, j'attaque les personnages.
(à suivre)
Derniers coups de brosses à l'acrylique ! Demain, les huiles extra-fines entrent dans la danse. Tout d'abord, quelques "jus" pour apaiser le fond et légèrement réchauffer l'éclairage, puis un travail plus en précision sur le sable. Enfin, un traitement assez "chirurgical" des personnages qui sont actuellement très grossièrement représentés, dans des couleurs volontairement outrancières , afin de pouvoir ultérieurement jouer avec des transparences.
Il reste encore de longues heures de travail avant de décréter que la toile est terminée.
EXPOSITION ESTIVALE
Georges KULIK
La mine des gueules noires
Depuis ce matin, j'ai longuement retravaillé la mer, toujours à l'acrylique, en alternant les transparences et les empâtements afin de préparer au mieux le terrain lorsque j'interviendrai avec
les huiles extra-fines. Le ciel a également été voilé par 2 caresses successives de blanc teinté (1 ce matin, 1 cet après-midi). Là, j'arrête pour quelques jours : la pelouse qui s'affole, l'expo
de Laval qui débute le 1er juin (des encadrements à finir) et aussi le besoin de laisser la toile se reposer pour que je la "digère" lentement afin de mieux l'aborder un peu plus tard
!
(à suivre)
Après un premier travail de mise en place à l'acrylique fine, le travail se poursuit avec des acryliques extra-fines beaucoup plus denses en pigments. Le but est pour le moment d'accentuer les
blancs pour bien "baliser" les crêtes de vagues et les nuages les plus clairs. Ensuite, les gris interviennent pour "reposer" des zones sur lesquelles les traits avaient été volontairement
exacerbés. On commence à palper un peu plus de profondeur grâce à ces alternances entre mouvements et fixité. Une nuit de séchage et demain, on attaque les vagues les plus proches et le sable
!
(à suivre)
La mise en place continue à l'acrylique. Les coups de brosse sont volontairement grossiers et les couleurs parfois outrancières. Les éléments représentés sont destinés à être recouverts d'une ou plusieurs couches successives et seront donc estompés.
Les personnages sont pour le moment éludés. Ils seront traités après le fond.
A ce stade, la toile est ingrate pour l’œil du spectateur. Pour le peintre, avec le temps, ces étapes initiales sont plutôt amusantes, dans la mesure où le scénario complet est en principe
connu.
Après le dessin, voici la phase des premiers lavis et glacis. J'emploie dans un premier temps de la peinture acrylique dont le temps de séchage est des seulement quelques heures. Je pourrai ainsi retravailler la toile dès demain et obtenir les premiers effets de vibrations d'ici quelques jours, lorsque la première couche sera revêtue de couches successives dont j'exploiterai la transparence. C'est donc cette optique que les premiers coups de brosse sont volontairement grossiers. On notera déjà quelques empâtements dans les blancs pour matérialiser les crêtes de vagues.
A suivre ...
Éclosion d'une nouvelle toile : St JEAN de MONTS - La Plage des Demoiselles (3ème version).
C'est le stade de l'esquisse au crayon HB et au crayon pastel blanc. Le dessin est minimaliste pour laisser les couleurs reconstituer, voire suggérer, des lignes et des traits volontairement occultés au départ.
Le tout a été enduit avec du fixatif à pastel et fusain en bombe afin d'éviter que les premiers coups de brosse ne provoquent des bavures intempestives.
Demain, la peinture peut entrer dans l'arène !
(à suivre)